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L’implication de l’intestin dans les pathologies neuro-immunitaires

4 mai 2010 - Numéro 99 | Par : Dr Eric Ménat | Mot clés : Dossier , Intestin
Eric Ménat aborde un sujet mal connu et rarement lié à l’intestin : les pathologies complexes. Son objectif est de tenter d’expliquer les relations entre l’intestin et les symptômes neuropsychiatriques, fruit de quinze ans d’expérience.
La notion d’intolérances alimentaires regroupe des notions qui vont plus loin que la présence d’anticorps, qu’ils soient de type IgE ou IgG. Prenons un exemple simple : celui de l’intolérance aux laitages. On peut être allergique aux protéines du lait de vache des IgE positifs. On peut être intolérant aux protéines du lait avec des IgG positifs. Mais l’on peut aussi être intolérant aux laitages avec des bilans sanguins strictement normaux et, dans ce cas, on pourra suspecter une intolérance au lactose qui est d’ordre enzymatique et non pas immunitaire. À travers cet exemple simple, on voit déjà que la question des intolérances, elle, ne l’est pas. Pour entrer dans le vif du sujet des maladies neuro-immunitaires et de leurs relations avec l’intestin, prenons comme exemple le gluten et les troubles envahissants du développement dont fait partie l’autisme. Les effets négatifs du gluten sur notre santé obéissent à plusieurs mécanismes. Réduire l’intolérance au gluten à la seule maladie cœliaque, c’est faire peu de cas des progrès de la science de ces vingt dernières années.

Les explications possibles

Voici les différents mécanismes d’intolérance au gluten que j’ai pu rencontrer et qui pourraient expliquer la genèse ou l’aggravation d’une maladie neuro-immunitaire :
• Une véritable maladie cœliaque avec des anticorps anti-glandine ou anti-transglutaminases positifs et une éventuelle atrophie villositaire.
• Une intolérance au gluten suspectée souvent sur la clinique et confirmée par le dosage des IgG.
• Des troubles du comportement aggravés par la consommation de gluten et expliqués par une augmentation de la perméabilité intestinale laissant passer les grosses molécules et en particulier ce gluten qui se transforme en glutéomorphine et entraîne ainsi des troubles du comportement liés aux récepteurs morphiniques du système nerveux central.
• Une intolérance au gluten suspectée sur la clinique qui se révèle être une intolérance digestive au blé, surtout cuit au four, entraînant des fermentations et putréfactions intestinales qui déclenchent ou aggravent la perméabilité intestinale avec toutes ses conséquences.
• On pourrait citer également les autres conséquences du pain sur la santé, et qui sont parfois reliées au gluten par erreur, et qui sont dues à la présence de corps de Maillard ou autres produits de cuisson à haute température ou plus souvent encore à l’effet négatif de ce sucre très rapide sur l’organisme (intolérance au glucose, obésité, diabète, cancer…).
• On terminera, bien entendu, par la théorie de Jean Seignalet qui pensait, probablement avec raison, que les conséquences du blé sur la santé étaient liées non pas au seul gluten mais à l’ensemble des protéines mutées du blé moderne et à notre inadaptation immunitaire à ces protéines.

Bilans d’intolérances, clinique et tests d’exclusion…

Rappelons que les deux premières citées sont très liées au typage HLA. Il existe au moins quatre gènes qui prédisposent aux intolérances au gluten : le DQ2, le plus important, qui multiple le risque de maladie cœliaque par 60. Mais aussi les DR3, DR7 et B8 qui sont à prendre en considération. C’est pourquoi le typage HLA peut nous guider efficacement pour comprendre le mécanisme d’une pathologie neuro-immunitaire complexe. Les bilans d’intolérance sont intéressants car ils permettent de dépister des intolérances auxquelles nous n’aurions pas forcément pensé, mais nous ne devons pas nous arrêter à ces bilans car ils ne dépistent pas tout, surtout dans le cas du gluten et des laitages. La clinique doit rester notre principal guide et, dans le doute, des tests d’exclusion pourront être envisagés. Tous ces éléments diététiques sont à relier à la présence d’une perméabilité intestestinale anormale et d’une flore déséquilibrée qui doivent être prises en charge.

Diététique corrigée et huiles essentielles

Les corrections diététiques seront prioritairement adaptées aux intolérances diagnostiquées ou suspectées, mais il faudra aussi prendre garde aux erreurs alimentaires qui peuvent entraîner des fermentations ou des putréfactions qui aggravent la perméabilité intestinale. Des traitements naturels nous aideront à corriger plus rapidement les symptômes. Les huiles essentielles peuvent lutter contre la dysbiose et assainir la lumière intestinale avec la cannelle en chef de file. Le curcuma, à bonne dose, a un rôle anti-inflammatoire tout à fait intéressant sur la muqueuse enflammée par les réactions d’allergie alimentaire, ou encore la chlorophylle magnésienne pure qui a un rôle de cicatrisation de contact sur cette muqueuse altérée. Bien entendu, on utilisera les différents nutriments qui participent à la trophicité de cette muqueuse intestinale au premier rang desquels nous trouvons la L-glutamine.
L’intestin est donc au centre des mécanismes de la plupart des maladies neuro-immunitaires, mais de façon variable suivant les individus et les pathologies, sa prise en charge devra être très globale, sans parler de l’effet du psychisme et des émotions sur notre deuxième cerveau !

Dr. Eric Ménat

L’auteur
Médecin, Eric Ménat est spécialisé en homéopathie et phytothérapie. Très orienté sur la nutrition, il prescrit aussi la diététique. Il enseigne la phytothérapie dans le cadre du Duménat de Bobigny. Outre le Dictionnaire pratique de la diététique, il a publié : Ostéoporose, se soigner par l’alimentation (Ed. Grancher), La Diététique du Diabète (Ed. Alpen), Je nourris mon enfant (Ed. Alpen), Vaincre le cholestérol (Ed. Grancher), Maigrir après 40 ans (Ed. Alpen), L’ostéoporose : la solution est dans l’assiette (Ed. Harmoxe).

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