Le Dr. Eric Ménat répond
1. « Oui, la diététique a gagné du terrain sans aucun doute car les question-nements sur l’hygiène de vie et une approche plus naturelle de la santé sont de plus en plus présents. La diététique est au cœur de ces questions. »
2. « Il faut plus de transparence sur les aliments transformés par l’industrie. Je prendrai deux exemples :
. le lait dont la composition a beaucoup évolué à cause des modifications de l’alimentation des vaches et de l’industrialisation du produit lui-même.
. les compotes qui, quand elles ne sont pas bio, contiennent obligatoirement une certaine quantité de pesticides et autres produits de traitement des fruits.
Aujourd’hui il n’y a aucune transparence sur ce type d’aliments, qui paraissent naturels, et sur leur composition exacte. Alors je ne vous parle pas des aliments qui sont encore plus transformés.
Il y aurait bien d’autres domaines à citer comme l’équilibre acide base rarement pris en compte ou les associations alimentaires qui peuvent être néfastes, en particulier sur le plan de la digestion. »
3. « En diététique, il y a plusieurs grands conseils à donner ! J’en citerai au moins deux : la réduction des sucres rapides et l’équilibre en acides gras essentiels. »
4. « Malheureusement, la diététique est une médecine du futur, sous-entendu ce n’est pas une médecine actuelle, malgré le titre du livre de Jean Seignalet !
Aujourd’hui, les médecins reconnaissent l’importance de la diététique dans la prévention et la génèse des maladies chroniques - et encore ils sont assez frileux, en particulier dans le domaine cancer - mais, très peu envisagent la diététique comme un véritable traitement. C’est plus simple de donner des statines, des antidiabétiques que de tenter de faire évoluer la diététique de leur patients.
Alors médecine du futur sans aucun doute, ou en tout cas on peut l’espérer car c’est certainement une des pistes importantes pour sauver notre système de sécurité sociale et réduire à la fois l’incidence des maladies et la consommation de médicaments. »
Le Dr. Serge Rafal répond
1. « Oui, la diététique a gagné du terrain de façon indiscutable. Les patients sont mieux informés et plus sensibles à nos arguments. Et c’est pour nous praticiens des médecines douces une façon élégante de valoriser et optimiser notre démarche.Quoi de plus naturel et de plus efficace que les mesures hygiéno-diététiques ? »
2. « Répéter, répéter, mais proposer des solutions agréables. Le slogan « deux fruits trois légumes » a été particulièrement facile à retenir. Les progrès doivent porter sur les céréales et les graisses. Là les patients ont surtout retenu l’huile d’olive et n’ont pas toujours perçu l’importance du colza. Et ils mélangent allègrement les bonnes et mauvaises graisses. Et certains continuent à se méfier des poissons gras !
Ces notions de bons et mauvais sucres, de bonnes et mauvaises graisses, de bon et mauvais cholestérol… ont quelque peu embrouillé le message.
Il faut faire le gros de l’effort en direction des générations futures… pas auprès de ceux qui sont déjà convaincus. »
3. « L’importance de la mastication, les quantités, la réduction des sucres rapides et des graisses saturées… puis, mais dans un deuxième temps seulement, la supplémentation. »
4. « La diététique devrait déjà être la médecine du présent. Et pourtant… et pourtant, les patients ne reçoivent pas toujours l’information souhaitée. Nous ne pouvons qu’être optimistes pour l’avenir qui n’est après tout, comme disait Pierre Dac, que « du passé en construction ».
La journaliste Danièle StarenkYJ répond
1. « Oui, définitivement, la diététique a gagné du terrain politiquement. Aujourd’hui, le monde entier, pressé par l’Organisation mondiale de la santé cherche à s’attaquer « aux maladies non transmissibles liées au style de vie ». Aux États-Unis et en Europe, les chefs du gouvernement lancent personnellement en 2010 de véritables politiques de lutte contre l’obésité infantile et leurs programmes sont très semblables : pas d’aliments camelote (excès de gras), pas de sodas (excès de sucre), pas de télé (sédentarité), pas de jeux vidéo (sédentarité), beaucoup d’exercice en plein air.C’est en 2004 que l’OMS adoptait une stratégie mondiale pour l’alimentation, l’exercice et la santé avec pour objectif la lutte non seulement contre l’obésité, mais toutes les maladies déclarées être liées à un mauvais régime alimentaire et elle nommait : outre l’obésité, le diabète, les maladies cardiovasculaires, le cancer, l’hypertension, l’ostéoporose, les infections dentaires. »
2. « Les progrès doivent être faits par les individus. L’OMS avec sa stratégie a invité les gouvernements et l’industrie alimentaire à préconiser une nourriture moins grasse, moins salée, moins sucrée, accompagnée de trente minutes d’exercice modéré quotidien. Les gouvernements peuvent promouvoir une meilleure alimentation ; l’industrie peut offrir des aliments plus sains, mais qui fera les trente minutes d’exercice ? Pour trop de gens encore, la santé est un droit qui doit leur venir d’ailleurs et non un devoir dont ils sont personnellement responsables. Un sondage de l’American Cancer Society, publié le 14 janvier 2007, a révélé que 36 % des personnes interrogées croyaient sincèrement et fermement qu’elles ne pouvaient rien faire ou pas grand-chose pour réduire leurs risques d’avoir un cancer. Pourtant, depuis 1972 sont publiées les « Sept bonnes habitudes » qui créditent à ceux qui les suivent une espérance de vie maximale : 1. Dormir sept ou huit heures par jour 2. Ne pas grignoter entre les repas 3. Prendre un petit-déjeuner solide 4. Maintenir son poids de forme 5. S’adonner régulièrement à des exercices physiques 6. Ne pas consommer d’alcool 7. Ne pas fumer.
3. « Retrouver l’habitude du vrai bon pain complet consommé en abondance à chaque repas. La base alimentaire de tous les centenaires, sur tous les continents, étudiés en 2005 par le National Geographic (Les secrets de la longévité, novembre 2005) était les céréales complètes, les fruits et les légumes. Une fois cette base bien établie, le reste est secondaire et s’articule autour des besoins spécifiques des individus. »
4. « Non, la diététique, médecine d’aujourd’hui car depuis les années 1960, les études se succèdent et leurs conclusions sont de plus en plus inamovibles : partout, tout autour du monde, tout le monde ou vraiment presque tout le monde, creuse sa tombe avec ses dents ! En 1988, C. Everett Koop, ex-Surgeon General des États-Unis, a préparé le premier rapport sur la Nutrition et la Santé basé sur une révision approfondie de la littérature scientifique alors disponible. Il avait conclu que ce qu’il a appelé « les excès et les déséquilibres alimentaires »
contribuent nettement à huit des maladies mortelles aux États-Unis : la cardiopathie ischémique, le cancer, l’accident vasculaire cérébral, le diabète, l’athérosclérose, la cirrhose du foie, les accidents et le suicide, ces trois derniers maux devant être associés à la consommation d’alcool, dit le Surgeon General. (En 1997, le Fonds Mondial de recherche sur le Cancer – WCRF – et l’Institut américain de recherche sur le cancer – AICR – ont déclaré que l’alcool sous toutes ses formes est une substance non seulement toxique mais cancérogène pour les humains). « Les excès et les déséquilibres alimentaires » contribuent également à d’autres problèmes comme l’hypertension, l’obésité, les caries dentaires, l’ostéoporose et les maladies gastro-intestinales, insistait Koop. Cela fait près de 50 ans que tout ce qui se dit aujourd’hui est su depuis hier. Il faut cesser de se répéter et agir. Les maladies nutritionnelles représentent 47% des maladies dans le monde et leur impact, déclare l’OMS, dépassera celui, combiné, des maladies infectieuses telles que la malaria, la tuberculose et le sida d’ici 2020. »
L’enseignement de la diététique et d’un style de vie sain basé sur les lois de la vie demeure une urgence dans une société qui déclare que l’espérance de vie atteinte au début de l’an 2000 sous la progression rapide de l’obésité depuis 15 ans, va finir par effacer cet acquis si rien n’est fait au plan de l’alimentation et de l’activité physique. »
LA présidente de KOUSMINE FRANCE,
le Dr. Suzanne Preney, répond
1. « Depuis les incidents révélés de la vache folle, du poulet à la dioxine…, les gens ont pris conscience que l’alimentation proposée pouvait être néfaste à leur santé. Beaucoup se sont tournés vers le bio. Mais la nutrition est beaucoup plus que le fait de manger bio, car on peut être déminéralisé ou présenter une maladie de surcharge tout en mangeant bio.Le slogan : « Mangez moins gras, moins sucré, moins salé », qui devrait aider nos concitoyens à mieux manger, tourne à l’avantage du produit cité juste avant ce spot, les gens pensant que ce que la pub vient de vanter respecte le dit slogan et qu’ils peuvent en manger sans souci !!!
En fait, la nutrition a gagné du terrain dans un certain milieu de gens avertis, mais ceux qui n’ont pas la possibilité intellectuelle, financière… de l’accès à la vérité nutritionnelle s’enfoncent de plus en plus en consommant des sodas trop riches en sucre ou pire en aspartam, des plats cuisinés aux graisses trans et de la publicité mensongère devant leur télévision. »
2. « La nutrition préventive dès la naissance (allaitement, alimentation saine…) devrait être enseignée à tous et, pour ce faire, enseignée à l’école, ce qui a d’ailleurs été fait dans le Nord à Fleurbaix-Laventie où on a vu l’épidémie d’obésité infantile s’infléchir alors qu’elle flambait partout ailleurs en France et dans les pays occidentaux, soumis à la même alimentation frelatée, désorganisée et excédentaire.
La sécurité sociale croule sous les déficits alors qu’il suffirait d’une alimentation saine dès le berceau pour améliorer la santé de nos concitoyens et éviter les maladies de surcharge, les maladies dégénératives, les cancers, les maladies neuropsychiques comme l’autisme, l’hyperactivité des enfants… Il suffirait que les travaux des docteurs Kousmine, Seignalet, Servan-Schreiber soient reconnus et diffusés au plus grand nombre pour qu’enfin « Chacun comprenne qu’il ne peut compter que sur lui-même, qu’il est responsable de sa personne et que le corps dont il dispose doit être géré comme n’importe quel bien » (Catherine Kousmine).
Beaucoup de nos concitoyens font très attention à bien alimenter leur voiture avec du super sans plomb et mettent de l’ordinaire avec mercure, pesticides dans leur assiette ou à faire fructifier leur compte en banque, dont bénéficieront peut-être leurs descendants pour se soigner (!), au lieu de mettre le prix qu’il faut pour bien s’alimenter et transmettre à leurs enfants ces bons principes.
3. « L’alimentation juste est celle que nous donne la nature, quand la nature nous la donne et comme la nature nous la donne. Donc revenir aux produits de terroir et de saison, qui sont adaptés à nos besoins, qui ne polluent pas la planète par de longs trajets en camion ou pire en avion et n’exploitent pas pour ce faire les énergies fossiles.
Consommer les aliments en les modifiant le moins possible : crus, cuits al dente à la vapeur douce, à l’étouffée ou au four à basse température, ne pas réchauffer.
Consommer tous les jours 5 à 10 fruits et légumes par jour, des huiles de première pression à froid, riches en Oméga 3 et Oméga 6, des céréales complètes, plutôt celles sans gluten et moins de protéines animales. »
4. « La diététique : médecine du futur… »
C’est pour moi une évidence, mais il y a encore beaucoup de chemin à parcourir. Nous possédons à l’AKF une conférence du Dr. Catherine Kousmine à l’Ecole Polytechnique de Lausanne et datant du 4 octobre 1984, intitulée « Médecine préventive, médecine de l’avenir ». Nous sommes en 2010 et près de trente ans plus tard, c’est toujours un vœu pieux. Chacun, à son niveau, a le devoir de faire connaître les travaux des pionniers de la nutrition afin qu’un plus grand nombre de nos concitoyens y aient accès et prenne leur santé en main au lieu de la laisser gérer par l’agroalimentaire d’abord et par les médecins et pharmaciens ensuite. »
La journaliste France Guillain répond
1. « Si l’on considère la diététique en général, elle a envahi l’espace presse, télé, radio, livres, magasins, grandes surfaces. Si l’on regarde ce qu’en font les gens, c’est l’anarchie totale, la valse des changements de régimes et de méthodes, tout comme chez les praticiens lorsqu’on les observe ensemble et de loin. »
2. « Oui, la diététique a encore des progrès à faire. Dans l’enseignement large, par exemple à l’école. Autrefois, on donnait à l’école primaire des cours d’hygiène alimentaire. Les cahiers d’école des années 50 montrent des textes copiés par les élèves et appris par cœur sur la mastication, la tempérance (manger peu, éviter le vin et l’alcool) manger des légumes, des fruits.
C’est dès l’école primaire qu’il faut commencer et ensuite en secondaire et supérieur. »
3. « Mon conseil primordial c’est : manger du vivant, du cru sans oublier les huiles et très bien mastiquer. »
4. « Un des éléments de la médecine du futur, le contrôle de la baisse de la température interne - le bain dérivatif - afin de réduire l’état inflammatoire étant aussi important. »
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