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La place privilégiée de l’homéopathie dans les pathologies intestinales

4 mai 2010 - Numéro 99 | Par : Dr Daniel Scimeca | Mot clés : Dossier , Intestin
La pathologie intestinale est une pathologie de l’écologie globale de la personne. C’est à ce niveau que se produisent de multiples jeux biologiques d’une importance majeure.
À chacun de ces jeux, le médicament de la similitude occupe, si on sait l’utiliser de manière astucieuse et finalement assez simple une action profonde puisqu’il va agir sur plusieurs et le plus souvent même l’ensemble des jeux biologiques qui se déroulent à un moment donné.

Le jeu de la barrière « soi non soi » est le plus archaïque. Très tôt les êtres pluricellulaires se sont trouvés confrontés à une lutte contre l’entropie par la constitution d’un espace vide à l’intérieur d’eux-mêmes. Ils se sont fait « tube » pour engloutir, absorber et éliminer. Dans le même temps, il a fallu aussi que la vie se donne les moyens de définir le soi afin de s’individualiser. Elle a inventé l’immunité et la lutte contre le non soi. L’absorption intestinale des nutriments est un défi à cette apparente contradiction.
Il n’y a pas de dysimmunose, d’allergie, d’infection sans que l’intestin n’y soit pour une bonne part. Autour de l’action de la noix vomique qui absorbe plus qu’il n’est besoin ou de la poudre de lycopode qui a plus de besoins que de facultés d’absorber, ou encore de multiples autres remèdes, se comprennent les mécanismes des grands terrains où le psychisme, la dysimmunose et la colopathie se renvoient la balle (ou le granule).

Le jeu de la symbiose microbienne est une autre manière de voir qui permet d’aborder l’homéopathie sous l’angle des nosodes et des biothérapiques. Nos confrères Bach et Patterson l’avaient déjà étudié et établi quelques grands remèdes microbiens.
Plus avant que cela, ils avaient retrouvé dans l’équilibre des coccis et des bacilles les grandes diathèses cliniques et réactionnelles. C’est ainsi qu’enterococcinum ou colibacillinum et quelques autres rendent de bien grands services, particulièrement depuis la disparition pour les prescripteurs français d’avoir recours à l’isothérapie des fèces.

Le jeu du carrefour émotionnel est le plus récemment étudié. Après les années de positivisme, trouvant leur apogée dans une compréhension erronée du freudisme mettant la psyché au sommet de tout, nous redécouvrons le vrai « çà » freudien.
Ce n’est plus la colite qui est à l’origine psychique, mais bien le psychisme lié à une altération de la « paix du ventre ». Si le travail sur soi, par toutes ces techniques traditionnelles ou modernes permet d’agir sur notre ventre, si la diététique et la micro-nutrition ont fait des progrès majeurs, il nous reste tout un domaine que le granule et la dose harmonisent merveilleusement.

Trois grands tableaux qui orienteront la recherche

Le thuya qui délimite nos jardins et qui déborde tellement notre corps, avec ses ruminations, ses obsessions, l’ellébore blanc en conflit ouvert « émotion, aspiration », le soufre à l’ego aussi volcanique que ses gaz, le phosphore brûlant de ce feu du ciel qui manque et qui dévore, seront nos outils pour apaiser et conduire vers la paix du ventre et de l’âme.
Ce seront trois grands tableaux qui orienteront la recherche des médicaments similaires à même de soulager. Parfois le spasme domine et nous trouverons des Nux vomica et des Lycopodium ; parfois c’est la constipation et de nombreux Natrum ou Magnesia seront indiqué, parfois ce sera la diarrhée des Aloe ou des China.

Patiemment, patient par patient…

En ces temps agités où la menace de l’infection pandémique massive rode tout autant que l’obsession et la manipulation médiatique, il nous faudra conclure en parlant de ce merveilleux nosode intestinal qu’est sérum de Yersin, ce bacille pesteux ressemblant si étrangement à la grippe a déjà dans le passé rendu de grands services. Nul doute qu’il ne constitue encore aujourd’hui un médicament de choix pour lutter contre l’âme grippée de notre société moderne autant que contre les virus de tous poils. Notre société a le ventre mou. Les sociopathies, elles aussi, se soignent patiemment, et patient par patient.

Dr. Daniel Scimeca


L’auteur

Spécialiste en médecine générale, homéopathe phytothérapeute, aromathérapeute, acupuncteur, sophrologue, Daniel Scimeca enseigne au CHU de Paris, Nantes et Tour. Président du Syndicat de la Médecine homéopathique, directeur d’enseignement à la Société Médicale de Biothérapie, secrétaire général de l’Union des chirurgiens, médecins et spécialistes français, il est l’auteur d’une vingtaine d’ouvrages dont certains avec Max Tetau (gemmothérapie, lithothérapie, cerveau émotionnel) avec Pierre Popowski (Soigner son enfant autrement), avec l’historien et philologue Shuai Zhang (sophrologie, influence de la pensée chinoise sur les maux de l’Occident).

La prescription du docteur Scimeca

• Spasme et constipation : Nux vomica
• Spasme et nervosité : Ignatia
• Spasmes amélioré plié en deux : Magnesia phosphorica
• Spasme et gaz : Lypocodium
• Spasmes et diarrhée : Sulfur
• Spasme et cancérophobie : Thuya
• Dyskésie rectale : Opium
• Grosses selles avec mucus : Graphites
• Billes dures : Plumbum
• Bearing down : Sepia
• Selles à ressort : Silicea
• Selles émiétées : Natrum muriaticum
• Selle émotion : Gelsenium
• Précipitation et sucreries : Argentum nitricum
• Diarrhée brûlante : Arsenicum album
• Le glouton diarrhéique : Antimonium crudum
• Faiblesse et indolence : China
• Diarrhée bienvenue : Natrum sulfricum.

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