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Le vin quels bienfaits ?

12 novembre 2010 - Numéro 101 | Par : | Mot clés : vrai / faux
Les Français boivent moins de vin : 58 litres par personne et par an au lieu de 100 au début des années 1960. C’est plus qu’en Italie (55 l), en Espagne (36), en Allemagne (24), en Grande-Bretagne (16), aux Etats- Unis (8) ou au Japon (3). Les Français doivent-ils au vin leur bonne santé cardiovasculaire ? Le dossier est ouvert, avec quelques conseils à la clé.

Les bénéfices cardiovasculaires du vin sont disputés

VRAI.
L’existence du "French paradoxe", selon lequel les Français doivent leur bonne santé cardiovasculaire à quelques habitudes alimentaires, dont celle de boire du vin, a été récemment contestée. Pour les détracteurs, les buveurs modérés auraient aussi un mode de vie plus sain, ce qui fausserait les résultats. Mais pour d’autres chercheurs comme Giovanni de Gaetano de l’université catholique Campobasso en Italie " il existe aujourd’hui des preuves irréfutables que le vin à dose modérée améliore bien la santé cardio et cérébrovasculaire ". Anti-inflammatoire (il fait baisser la protéine C-réactive) et fluidifiant sanguin, le vin diminue aussi bien le risque d’infarctus fatal que celui d’infarctus non-fatal. Dans ces conditions, les malades qui ont subi un infarctus peuvent-ils continuer à boire du vin ? Une étude française, conduite par le cardiologue Michel de Lorgeril du CNRS à Grenoble, a conclu que par rapport aux non-buveurs, ceux qui consomment du vin (2 à 4 verres par jour) ont environ deux fois moins de risque de connaître des complications vasculaires.

Le vin fait grossir

VRAI et FAUX.
Alors que pour la plupart des alcools, il existe une relation linéaire entre la quantité consommée et le risque de surpoids (mesuré par le rapport taille/ hanche ou l’indice de masse corporelle), le cas du vin est singulier. Les études publiées à ce jour ne trouvent pas de relation directe : plutôt une courbe en J, les abstinents et les gros buveurs étant généralement plus gros que les petits buveurs.

Le vin est sans effet sur les virus et les bactéries

FAUX.
Expérimentalement, le vin (et le jus de raisin aussi) inactive plusieurs virus : poliovirus, cytomégalovirus, virus responsables de diarrhées et même ceux du rhume. Selon une étude espagnole publiée en 2002, on risque moins de succomber au rhume si l’on boit deux verres de vin par jour ou plus : dans ce cas, le risque de maladie est réduit de 40 %. En 1995, des chercheurs de l’armée américaine ont suggéré qu’on pouvait aussi se protéger de la diarrhée du voyageur en buvant du vin. Mais d’autres scientifiques sont réservés. Ils font valoir que le vin perd ses qualités lorsqu’il est dilué, « ce qui suggère que pour se protéger, un voyageur devrait boire du vin à chaque repas, chaque collation, et avec chaque boisson. A ce niveau de consommation, tout bénéfice potentiel serait annulé par les effets néfastes sur les femmes enceintes, les personnes qui souffrent du foie, et celles et ceux devant faire fonctionner toute machine plus compliquée qu’un transat ».

Les buveurs de vin ont moins de diabète

VRAI.
C’est ce que suggèrent les études épidémiologiques sur le diabète de type II. Les buveurs modérés ont en moyenne un risque de diabète réduit de 40 % par rapport aux non-buveurs Ces résultats s’expliqueraient par les effets favorables du vin sur le bon cholestérol (HDL), les niveaux de triglycérides et d’insuline et le stress oxydant. Quant aux diabétiques, certains médecins leur conseillent d’arrêter le vin, mais dans le cas d’un diabète contrôlé sans complications ni contre indications, le vin à dose modérée est sans danger. Il peut même être bénéfique. A raison de deux verres par jour en moyenne, il améliore sensiblement la résistance à l’insuline et peut réduire de 30 à 50 % le risque cardiovasculaire.

Les buveurs de vin ont moins de cancers

VRAI.
Encore une question de dose. A dose modérée, le vin paraît prévenir les cancers de la prostate, du poumon ou du sein. A dose élevée, il augmente les cancers des voies digestives supérieures. Si le vin protège du cancer, il le doit vraisemblablement à ses composés phénoliques et peut-être au resvératrol, un antioxydant qui est aussi un phytoestrogène. Les effets bénéfiques du resvératrol ont été démontrés dans de nombreuses études menées in vitro sur des cellules cancéreuses humaines.

Un peu de vin pourrait prévenir la maladie d’Alzheimer

VRAI.
Un à trois verres de vin par jour pour réduire le risque de démence en fin de vie ? Une étude menée en France dans la région de Bordeaux a montré que les personnes qui boivent entre 250 et 500 ml de vin par jour ont des risques de démence sénile inférieurs de 81 % et un risque de maladie d’Alzheimer diminué de 72 % par rapport aux non-buveurs. Des résultats confirmés dans une étude hollandaise récente. Mais si l’alcool protège bien des démences, à quel âge exerce-t-il cet effet protecteur ? Mystère.

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