Un matin, Jean-Marie Virey trouve une de ses pouliches de trois mois étendue sur le sol du parc à chevaux. Elle est comme une loque et il est impossible de la faire lever. Cependant, ses membres, sa tête, son encolure et sa queue bougent. Une équipe d’amis se mobilise autour de Jean-Marie. À l’aide d’un maniscopique et d’une épaisse bâche en plastique, ils parviennent
à la mettre debout, hélas Tiffany ne s’appuie pas sur ses membres. Jean-Marie Virey la transporte en clinique vétérinaire afin qu’elle y subisse des radiographies. Le vétérinaire diagnostique une fracture de deux vertèbres cervicales avec une compression de la moelle épinière. L’euthanasie est la solution préconisée, mais Jean-Marie Virey s’y refuse totalement.
Sauver Tiffany coûte que coûte !
La pouliche Tiffany regagne son domicile où les soins s’organisent au jour le jour. Jean-Marie ne ménage pas ses consultations, ni ses réflexions. Il fait venir au chevet de Tiffany d’autres vétérinaires, des ostéopathes et rebouteux pour animaux. Sa fille Christelle, tout aussi passionnée, lance un SOS dans Cheval attitude pour aider Tiffany à s’en sortir. Trente millions d’amis s’y intéresse dans leurs colonnes et la télévision arrive pour filmer Tiffany. Un harnais particulier est fabriqué pour lever la pouliche, on s’acharne à lui développer la musculation par l’exercice. Entourée de soins et d’affection, Tiffany reprend du « poil de la bête », se nourrit avec appétit, et progressivement recommence à se tenir sur ses antérieurs, puis ses postérieurs.Du bienfait des eaux sur les fractures
La fabuleuse affaire de Tiffany se déroule à Bourbonne-les-Bains où les eaux sont particulièrement réputées pour les fractures. Le directeur de l’établissement thermal suggère à Jean-Marie Virey une cure de bains pour Tiffany. Dans le parc de Tiffany, Jean-Marie et son équipe de sauveteurs fabriquent une piscine et, durant vingt-cinq jours, l’eau est prélevée aux thermes pour le bain de la pouliche à 30° à raison d’une heure. De 120 kg à trois mois d’âge, Tiffany est passée à 400 à présent et à l’appel de son maître, elle galope à sa rencontre. Malgré quelques séquelles (dont la difficulté à se lever seule), le bilan est remarquable et incontestable. À présent, Tiffany s’apprête à suivre une nouvelle cure d’entretien.Les historiens du thermalisme ne nous disent-ils pas, que bon nombre de sources thermales furent découvertes par les hommes grâce aux animaux
qui en tiraient naturellement les vertus ? Même Diderot l’encyclopédiste a rapporté dans ses écrits que les eaux thermales de Bourbonne-les- Bains avaient été connues grâce aux cochons d’un village voisin.
Michel Thénard

1 Message