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Un autre horizon... de l’agriculture biologique

12 novembre 2010 - Numéro 101 | Par : Michel Thenard | Mot clés : Actualités
Deux cinéastes et une équipe de paysans-chercheurs viennent de terminer un film d’une heure sur l’agriculture biologique. Plus qu’un documentaire, c’est un cours brillant sur la façon de tirer le meilleur de la nature, mais c’est aussi une invitation à poser une attention particulière sur la terre nourricière, à travailler avec elle à la récolte de nos subsistances et non contre elle en l’épuisant !
Les acteurs de cet autre horizon en sont : Lydia et Claude Bourguignon, microbiologistes des sols ; Eric Petiot, éthologue, défenseur des valeurs l’ortie* ; Jean-Pierre Cathelat, céréalier en bio et producteur de lentilles à la suite d’une maladie ; Jean-Michel Camus, éleveur bio de bovins à la viande après la crise de la vache folle ; Jean-Pierre Fleury, Alain Réaut et Eric Schreiber, viticulteurs en biodynamie pour avoir renoncé à « la chimie lourde pour la protection de la vigne » ; Xavier Deleau, maraîcher bio en recherche de préparations naturelles pour éradiquer le mildiou sur la tomate… Derrière la caméra : Catherine Guéneau et Gérard Leblanc, des professionnels du tournage des savoir-faire et des atmosphères d’exception, et des adeptes de la diététique, ce qui concourt à donner à cette réalisation une valeur supplémentaire. Oui, tous ces maîtres ès culture biologique pratiquent une autre fertilisation des sols que celle des cultures intensives.

Leçons de maîtres

Claude Bourguignon donne le ton de la leçon en se référant au milieu naturel d’excellence que constitue la forêt jouissant naturellement d’un sol d’une porosité extraordinaire. Pour Lydia et Claude Bourguignon, puis Eric Petiot, ce sont les agriculteurs qui font la science de la terre en l’observant, l’étudiant, la travaillant au quotidien. Comment re-dynamiser un sol ? Comment profiter des remontées de matières organiques par la faune du sol ? Une fois n’est hélas pas coutume, en plein champ à un mètre de profondeur, les scientifiques - que sont ici Claude et Lydia Bourguignon - expliquent la terre en coupe livrée à la décomposition de la flore en surface, aux effets des systèmes racinaires, au labeur de la faune intérieure. Quel cours sur la vie de la terre !
L’œil apprécie de lui-même la texture d’une terre travaillée à celle qui ne l’a été que par les éco-systèmes, même les couleurs de chacune affirment les différences. Dans ces conditions comment ne pas dire : « Halte aux produits chimiques et aux labours, place aux champignons, aux bactéries ! ». On a tout à gagner de travailler avec la Nature et non contre elle.

Un vrai discours bio !

Ici, nous sommes loin des discours de politique agricole actuelle, ainsi que des politiques tous azimuts en faveur de l’écologie, comme il ne s’agit pas d’une agriculture conservatrice. Scientifiques et paysans sont là tournés en permanence vers la recherche, l’étude de la terre.
C’est du bio, du vrai, du solide et chacun s’en porte à merveille en qualité d’hygiène de vie (santé, travail mieux réparti et meilleure rentabilité). Sous-bois, ciel, feuillages, fleurs, mottes de terre ont une telle coloration naturelle dans ce film qu’il ne manque que les arômes, même ceux de la terre, celle qu’offre la nature à l’état pur et celle que l’homme tente de modeler. La plus grande et la plus noble leçon que donne ce film : « Savoir puiser dans le ciel et la terre ! », une évidence que l’homme trop ambitieux n’a pas forcément la sagesse de respecter.

* Coauteur de Purin d’ortie et compagnie
(Editions de Terran).

Michel Thénard

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